
Au début, les animaux touchaient la cible de manière répétée sans hésitation particulière, car il n’y avait aucune pénalité pour d’éventuelles erreurs.
Cependant, l’introduction d’une pénalisation temporelle pour les actions erronées a conduit à un changement significatif dans le comportement des chevaux. La docteure Carrie Ijichi et la co-auteure de l’étude Louise Evans ont observé qu’après l’introduction des pénalités, les chevaux ont commencé à se comporter avec plus d’attention aux règles établies.
Cela suggère que les chevaux avaient compris les règles dès le début et qu’ils étaient capables de modifier leur comportement en réponse aux nouvelles conditions imposées. Le protocole expérimental prévoyait l’utilisation d’un signal lumineux, émis par une torche LED fixée à l’abdomen supérieur du formateur, qui indiquait le moment où il n’était pas opportun de toucher la cible.
Si les chevaux ignoraient ce signal et touchaient quand même la cible, une pause forcée de 10 secondes était appliquée, pendant laquelle ils ne pouvaient pas gagner de nourriture. Les résultats de l’étude ont montré que presque tous les chevaux ont considérablement réduit les erreurs après l’introduction de la pénalisation temporelle.
Cette amélioration immédiate des performances a été surprenante, étant donné que généralement les animaux nécessitent plusieurs répétitions pour assimiler complètement de nouvelles informations ou règles. Ces découvertes suggèrent que les chevaux possèdent des capacités cognitives plus avancées que ce qui leur était traditionnellement attribué.
Ils sembleraient être capables d’utiliser des formes d’apprentissage complexes, comme l’apprentissage basé sur des modèles (model-based learning), qui jusqu’à présent étaient considérées comme trop sophistiquées pour cette espèce. De plus, l’étude offre des perspectives intéressantes sur la structure cérébrale des chevaux.
Bien que ces animaux possèdent un cortex préfrontal relativement peu développé, une zone du cerveau typiquement associée à la planification et à la pensée stratégique chez les humains, ils semblent néanmoins utiliser d’autres zones cérébrales pour atteindre des résultats similaires.
Cela souligne la nécessité de reconsidérer nos évaluations de l’intelligence animale, en évitant de se baser exclusivement sur la similitude structurelle avec le cerveau humain. Cette étude, publiée dans la revue Applied Animal Behaviour Science, ouvre de nouvelles perspectives sur la compréhension du comportement équin et sur les méthodologies d’entraînement basées sur des preuves scientifiques actualisées, suggérant que les chevaux pourraient être beaucoup plus capables que ce qui a été reconnu jusqu’à présent.



