
Dans le contexte de l’hiver 2024-2025, cette dynamique joue un rôle particulièrement important, surtout en considérant l’avènement de l’ESE Cold (Événement de Réchauffement Stratosphérique Soudain de type froid), qui ajoute un facteur d’influence supplémentaire. La Niña se caractérise par des températures de surface océaniques inférieures à la normale dans le Pacifique équatorial central et oriental.
Ce phénomène modifie les modèles de circulation atmosphérique à l’échelle mondiale, influençant les flux d’humidité, les vents et les précipitations.
Pendant La Niña, l’atmosphère tend à favoriser des conditions de haute pression plus persistantes sur l’Atlantique Nord et un jet polaire souvent plus ondulé.
Ces facteurs peuvent promouvoir des configurations météorologiques favorisant des vagues de froid en Europe. La MJO, une fluctuation atmosphérique tropicale qui se propage d’ouest en est le long de la ceinture équatoriale, interagit avec La Niña en modulant davantage le comportement du jet polaire et subtropical.
Lorsque la MJO se trouve dans certaines phases, elle peut amplifier ou atténuer les effets de La Niña.
Par exemple, pendant les phases 6, 7 et 8 de la MJO, il y a une plus grande probabilité de blocages atmosphériques sur l’Europe du Nord, favorisant des descentes d’air froid vers la Méditerranée. En janvier, l’ESE Cold introduit un élément de complexité supplémentaire. Ce phénomène se produit lorsqu’un réchauffement stratosphérique soudain entraîne une compression et un refroidissement du vortex polaire troposphérique, souvent entraînant une intensification de celui-ci.
Contrairement aux ESE Warm, qui causent un affaiblissement du vortex polaire et facilitent la descente d’air arctique vers les latitudes moyennes, l’ESE Cold peut rendre le vortex polaire plus compact et confiner les masses d’air froid dans les régions polaires. Cependant, la combinaison de La Niña, MJO et un ESE Cold peut générer des scénarios météorologiques complexes.
Si La Niña et une MJO active dans des phases favorables promeuvent des blocages de haute pression sur l’Atlantique Nord ou la Scandinavie, l’Italie pourrait connaître des périodes de froid intense et de chutes de neige, surtout au Centre-Nord.
La combinaison de blocages et d’intrusions d’air froid arctique pourrait également intensifier les épisodes de mauvais temps, avec des phénomènes neigeux même à basse altitude. Au contraire, si l’effet combiné de La Niña et de la MJO se traduisait par une prédominance de hautes pressions sur la Méditerranée, l’Italie pourrait voir un mois de janvier plus sec et plus doux que la normale, avec le froid relégué aux zones montagneuses et des phénomènes significatifs limités.
Dans ce scénario, les perturbations atlantiques trouveraient un obstacle pour atteindre notre pays, se concentrant plutôt sur l’Europe nord-occidentale. Un autre aspect crucial est l’interaction entre l’ESE Cold et la propagation de la MJO vers les hautes latitudes.
Si la MJO parvenait à influencer le jet polaire malgré le renforcement du vortex, elle pourrait créer des conditions favorables à des incursions froides soudaines, tandis que la Méditerranée centrale pourrait voir des phases alternées de haute pression et d’irruptions arctiques. le mois de janvier 2025 pourrait présenter une forte variabilité météorologique pour l’Europe et l’Italie.
Les effets combinés de La Niña, de la MJO et d’un ESE Cold dépendront de la synchronisation de ces phénomènes.
Des scénarios de froid intense avec des chutes de neige significatives alternant avec des phases de stabilité sont tous deux possibles, rendant crucial un suivi continu des dynamiques atmosphériques mondiales pour prévoir avec plus de précision l’évolution du temps.



